Parole d’automne

Fin octobre marque un point de bascule au milieu de l’automne.
C’est une période de grands vents, de pluie et de temps gris. C’est aussi une période de couleurs flamboyantes dans les forêts et les cimetières. La vie et la mort dansent devant nos yeux et nos âmes étourdies. L’insouciance estivale n’est plus.
A l’image des arbres dont la sève se retire au plus profond du bois et des racines, au cœur de la terre, nous rentrons dans nos maisons, au cœur de nous-même.

Voici venir un temps d’introversion et d’introspection, un temps pour se souvenir de ce qui a été accompli, pour faire le deuil de ce qui n’est plus.
Un temps pour faire le point et ainsi préparer la graine des possibles. Cette graine en devenir devra subir la lente et obscure maturation de l’hiver, longue préparation indispensable avant l’éclosion printanière. C’est pourquoi les Celtes célèbrent le nouvel an fin octobre (Samonios ou Shamain) : comme pour la graine, la vie commence par une phase d’obscurité.

Fin octobre est ainsi autant un temps pour pleurer qu’un temps pour rire. Ce que nous rappelle, chacun dans leur tradition, la Toussaint, Samonios et Halloween.

Quant à nous, nous vous proposons un temps partagé autour d’une EquiRelax dimanche 3 novembre. Voir l’agenda.


De la relation Homme – Cheval

Depuis l’aube des temps, deux animaux semblent nous accompagner dans notre évolution : le chien (et/ou le loup) et le cheval.
De prime abord, le chien nous ressemble : prédateur à la hiérarchie établie, clanique et territorial, il élabore des plans de chasse, vocalise, élève ses petits dans une tanière dont l’approche est défendue, saisie ses proies, etc.

Chez le cheval, rien de tout ça…
Le cheval est un animal grégaire, vivant en famille sur de grands espaces, chez qui l’organisation sociale semble plus fondée sur les qualités de chacun et le charisme que sur la force et la persuasion. Nomade infatigable, il parcourt un vaste territoire dont il ne défend aucune frontière et au sein duquel il côtoie d’autres familles avec lesquelles il interagit tout en préservant l’intégrité de son troupeau. Animal proie, il vit entre calme et alerte, détente et fuite, passant de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante. Herbivore exclusif, il n’a qu’à baisser le nez pour manger…

Et pourtant, il marche à nos côtés depuis la préhistoire, tant sur le plan physique (nourriture puis compagnon de route, de travail ou de guerre) que sur les plans symbolique et spirituel (animal psychopompe, le cheval facilite les voyages entre les mondes pour de nombreuses cultures)…

Qu’est-ce qui nous fascine tant chez cet animal ?
Qu’est ce qui le fascine tant chez nous, au point de nous côtoyer malgré le danger potentiel que nous représentons pour lui ?

Pourquoi et comment initier un dialogue et tisser un lien avec « cet autre » si différend ?
Pourquoi et comment contacter et développer en nous ces qualités que nous lui reconnaissons ?
Comment réunir les contraires, allier la sagesse de la proie à la maîtrise du prédateur et déployer notre Être Véritable ?


Cheval, qui es-tu ?

Nombre d’entre nous côtoyons les chevaux, les intégrons dans notre vie et les utilisons pour leur force, leur rapidité, leur capacité de traction ou leurs talents d’empathie.
Mais nous sommes-nous déjà posé ces simples questions : Cheval, qui es-tu ? Quelle est ta manière d’être au monde ? Comment perçois-tu ton environnement ? Qu’est ce qui te motive dans la vie ?

L’observation d’un petit groupe de chevaux dans un pré varié représente une superbe opportunité pour tenter de répondre à ces questions. Une observation neutre et bienveillante, ouverte et accueillante, curieuse et dénuée d’à priori… Simplement là, assis(e).
La respiration calme et ample. Le regard large et doux. Les sens en éveil, le cerveau au repos.
Le silence et la quiétude de ces instants sont en outre particulièrement bienvenus dans notre société excitée et toujours pressée…

Savourez ! Et laissez-vous imprégner… 🙂

Étalon et 2 juments – Photo : Albane B.

Le bonheur d’être ensemble

Par un bel après midi de janvier, je pars aux prés rejoindre mes amis à 4 jambes. Aujourd’hui, nul objectif, nulle attente. Un simple espace temps libéré pour VIVRE.
Je marche vers eux, chemine, observe, ressens : l’air étonnamment doux et léger, le chant des oiseaux, les coups de dents sur l’herbe qui pousse, l’odeur du poil encore humide des dernières pluies,…

Rumba lève le nez et s’approche doucement, se glisse sous mes mains caressantes. Je lui propose le licol, elle met son nez dedans.
C’est parti ! La boîte de pansage nous attend à quelques dizaines de mètres. Les brosses explorent le corps, massent et nettoient sous les doigts.
Puis, je monte sur le plateau du pick-up, Rumba se glisse le long et me voilà sans effort devenue centaure…

Rien à faire mais sentir ! La chaleur de nos corps, le tressaillement de nos muscles, le souffle de nos respirations…
Soudain, l’envie de marcher ensemble, d’aller vers ce petit coin d’herbe là-bas monte en nous. Nos corps se rassemblent, se préparent au mouvement, regards et corps s’orientent, … les pieds se mettent en chemin. Hummm… quelle danse délicieuse…

Le voilà, c’est lui : mon rêve d’enfant !
Il ressurgit, intact.
Les incompréhensions, les peurs et les chutes du passé ne l’ont finalement pas entamé. Les apprentissages, les techniques et les quêtes de résultat ne l’ont pas effacé.
Le mouvement ne l’altère pas, les objectifs ne l’entravent pas.

Aujourd’hui, je le retrouve donc :
le bonheur d’être ensemble avec et sur le dos d’un cheval, profondément connectés, sur la même longueur d’onde…
Tout simplement, ici et maintenant.


Les chevaux et la mort

Mon ami, mon frère…
Tu es parti ce matin. Tu as attendu les 1ers rayons du soleil et mon arrivée (j’aime à le croire) pour t’allonger dans l’herbe glacée, expirer et t’en aller.
Le reste du troupeau est là. Il veille. Le poulain passe, il te mordille les oreilles, te pousse du nez. Les juments restent auprès de ton corps, chacune leur tour.
Le lendemain, nous partons pour les grands prés, de l’autre côté de la forêt, laissant ta dépouille près de la maison. Mais à mi-chemin, l’une des juments, ta grande amie, s’arrête, regarde en arrière puis fait demi-tour. Un instant, j’hésite puis j’écoute mon cœur, j’accepte et je suis. Nous revenons tous auprès de ton corps.
Deux jours passent.
Puis, au petit matin du 3ème jour, j’arrive avec les licols et là, tout le monde est prêt, marchant avec dynamisme à travers la forêt jusqu’aux prés.
Le deuil est fini.
Tes congénères t’ont veillé 3 jours, tout comme nous autres humains le faisions avec nos morts il y a encore peu…